Pooling, offloading, tranching. Le tranching consiste à diviser les crédits poolés en tranche notées: equity, mezzanine, senior. Les conduits cherchent à maximiser le profit à court terme: leur actif est composé des crédits, leur passifs des titres tranchés notés: il s'agit donc d'avoir le plus de senior (moins risqués, rendement bas) et le moins d'equity possible, afin de limiter les paiements. Or, l'equity est censé absorber le risque en cas de secousse. Le système a fonctionné tant que le marché immobilier ne se retournait pas. Il s'est retourné, on a taillé dans les tranches (equitiy pour commencer, puis les seniors). Fat tail: distribution des risques avec asymétrie vers les pertes. Perte rares, mais lourdes. Comme les actifs des conduits sont des crédits structurés à LT, et les passifs (avec rendements à verser) des opérations CT, les problèmes de liquidités sont vite arrivés (emprunteurs primaires avec des maisons qui coutent moins chers, paiment leurs crédits trop haut face au collatéral: donc défaut. Assèchement des liquidités).

Péchés originels: sous-évaluation systématique des risques (aléa moral), prévision de marché optimiste (trop), recherche de profit court terme. Ces notions ne sont pas au même niveau catégoriel: les deux premières cachent quelque chose, pas la troisième.

Soit on se dit que le système a été con, soit on se dit que le 'système' en tant que tel n'existe pas, mais est constitué d'individus, pas du tout homogènes entre eux. Et si on considère l'aventure des subprimes comme un hold-up, ou plutôt une martingale qui a duré le temps d'en enrichir quelques-uns, il faut rechercher ces quelques-uns: qui ont mis en place un schéma  sciemment condamné dès le départ, mais laissé aux bons soins d'autres une fois que le ratio billes personnelles retirées/risque à rester dedans plus longtemps serait devenu insoutenable, l'intérêt d'un tel montage résidant dans le profit retiré en cours de route et la faculté de repérer le meilleur moment pour sauter le bord (donc, dès le départ, une contradiction interne fatale). On pourrait rechercher les statistiques de l'emploi et des départs dans le secteur financier concerné 6 à 18 mois avant la chute de Bear Stearns, et vérifier. Le tout ferait peut-être alors sens.