koDepuis son accession à la tête de l'état russe, peu ont douté que Dmitri Medvedev ne soit autre chose qu'un homme de paille pour Vladimir Poutine, chargé essentiellement de lui tenir le fauteuil présidentiel au chaud. La Constitution russe interdit en effet plus de deux mandats consécutifs pour le chef de l'état, un flou qui semblerait autoriser une nouvelle candidature à Vladimir Poutine une fois le mandat de Medvedev échu.

Contre ce barrage de suppositions, Dmitri Medvedev a lentement manoeuvré pour affirmer une certaine indépendance vis-à-vis de son ancien mentor. Il a explicitement fustigé l'état de la corruption bureaucratique en Russie, blâmé (en partie )les causes de la crise sur les politiques économiques passées, critiqué le 'nihilisme juridique' en vigueur dans les tribunaux (le procès d'Anna Politkovskaia en est un exemple, ainsi que le premier procès Khodorkovsky)et de manière générale, adopté en tant que tête de l'exécutif un ton plus modéré que son successeur en matière d'affaires étrangères, mais surtout, de politique intérieure. La nature du pouvoir au Kremlin semble moins évidente actuellement qu'elle ne l'était au début du mandat de Medvedev.

On pourra toujours objecter que le président russe se paie de mots, mais c'est ici qu'intervient le fait qui nous intéresse: le second procès Khodorkovsky s'est ouvert ces jours à Moscou. Le premier procès avait, en 2003, été quasi-unanimement dénoncé comme l'exécution politique de Mikhail Khodorkovsky (alors patron de Yukos, numéro un pétrolier russe, depuis récupéré par l'état et démantelé), pour avoir enfreint une règle implicite de cohabitation entre les oligarques et le Kremlin en finançant un parti politique d'opposition: "à vous le business, à nous la politique (et le pouvoir)". Sur une accusation de fraude fiscale, suivie de blanchiment d'argent, pour finir avec de l'association de malfaiteurs, Khodorkovsky a finit en Sibérie.

Maintenant, si le procès a été aussi partisan, instrumentalisé et biaisé que dénoncé, et que parrallèlement, Dmitri Medvedev a réellement réussi à commencer à imposer son influence sur la politique intérieure russe, on devrait pouvoir considérer ce second procès comme un test intéressant pour sa présidence, et le futur de la Russie. En quelque sorte, un acid-test de ce qui a réellement changé (ou est en train de changer) en Russie.