Les élections présidentielles mexicaines sont terminées, et le nom du vainqueur est connu: Felipe Calderon, candidat de droite. Si son profil n'inquiète pas a priori (il est juriste chevronné et a la réputation de favoriser le consensus dans les décisions), ce sont les circonstances de sa victoire qui sont plus curieuses, et pour une raison qui n'a en fin de compte rien à voir avec l'homme lui-même: il a remporté l'investiture sur son rival de gauche avec une avance de... 0.58% des suffrages exprimés!

 

Au-delà du cas mexicain, ce résultat est l'expression d'une tendance qui se dessine assez nettement dans les démocraties depuis quelques années, et ce, dans toutes les parties du monde: les corps électoraux se partagent par le milieu de plus en plus souvent. Outre l'exemple tout frais des Italiens, les Français ont eu  de la peine à trancher lors de le réélection de Jacque Chirac, et la première élection de Geoges W. Bush reste toujours sujette à controverse. Simultanément, les médias et les acteurs de la scène publique ont tendance à rabaiser le plafond de "validité suspecte" des résultats électoraux: déjà à partir de 51-52-53%, on parle de victoire incontestable, voire large... Si, techniquement, la chose est juste, il n'en reste pas moins que la tendance sous-jacente de quoi inquiéter: que traduit un tel splitting électoral?