Ils y sont, et pas qu'un peu... Le Monde nous rapporte un nouvel exemple du ridicule qui paralyse la classe politique française. Cela fait un moment, bien sûr, que le spectacle tourne, mais là... Un teknival, qui doit se tenir ce week-end en Bretagne, déchaîne les rivalités: le ministère de l'intérieur (Sarko) a "choisi" le site de l'emplacement, un aérodrome, et prévu un dispositif policier d'un miller d'hommes pour encadrer les choses. Ambiance... Mais un élu du coin, un certain Goulard, par ailleurs ministre de l'enseignement supérieur dans le même gouvernement (apparemment villepiniste), a répliqué que le choix du site était "absurde". Parrallèlement, un tribunal administratif a invalidé l'arrêté de réquisition de l'aérodrome. Du coup, un second arrêté de réquisition devrait être pris, afin de tout de même permettre à l'événement d'avoir lieu. Dans les médias, les protagonistes se tirent dans les pattes. La préfète locale (camp: Sarko) affirme qu'elle rendra des comptes. Le sus-nommé Goulard ne se calme pas pour autant.

On ne sait pas trop par quel bout prendre l'affaire. Est-ce le duel Sarko-Villepin qui a trouvé un nouveau terrain de clash? Ou bien, plus généralement, sont-ce les français qui ont un peu de peine à gérer leur culture alternative dès que celle-ci dépasse une certaine taille critique?  ... les...deux???

Lorsque l'Etat choisit le site d'une festival de musique, fût-ce un festival de tech, on peut se poser des questions. Est-ce une initiative électoraliste de Sarko? Cela en dit long sur sa propension a faire feu de tout bois, et, partant, aux probabilités pour qu'il soit en mesure de prendre les mesures de réformes nécessaires et fatalement douloureuses une fois qu'il sera à la place qu'il lorgne.

Les organisateurs sont-ils incapables de s'organiser eux-mêmes? La réputation des teknival, et plus largement des festivals, en France n'est pas reluisante, c'est certain, mais la scène alternative n'a pas l'air de mûrir tellement non plus pour autant. Une autre possibilité est que les organisateurs ont rencontrés des crispations administratives... Mais, nous apprend Le Monde, le Teknival en question se tient depuis une dizaine d'années...

Admettons qu'un vide se soit créé, et qu'il y ait effectivement des risques à laisser un tel événement se gérer lui-même. Que se passe-t-il? Quelqu'un a dû se dire qu'il y avait certainement un marron à tirer du feu: "Organisons tout ça et récoltons les fruits du bon plan de com' politique qui va accompagner le déroulement des évènements..."

Dans tous les cas, deux réflexions, Sarko semble encore une fois en mesure de marquer des points au niveau politique-médiatique, et les teknivaliers et la culture alternative n'auront à nouveau l'air de rien...