Flibuste 1.3

"Dans Usual Suspects, le boiteux est en fait Kayser Söze."

27/06/09

C'est un sketch ou quoi?

On se demande parfois si un type ne va pas sortir d'un tiroir ou tomber du faux plafond, une caméra à l'épaule, et si un public ne va pas exploser en applaudissements et sifflets, avec un présentateur à perruque qui s'approcherait de nous en nous faisant des clins d'oeil, tellement les choses prennent un tour irréel. On se dit que non, ça ne va tout de même pas évoluer dans ce sens! Et puis ça arrive. Hallucinant.

Non, sérieux, c'est un sketch? C'est ça?

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25/06/09

Iran rocks

iranianwomanwithrocks














(repris de Big Picture)

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25/05/09

Le pouvoir sans visage

L'homme a besoin de s'identifier à ce qu'il défend ou combat, et cette identification passe nécessairement (mais pas seulement) par la reconnaissance physique toute simple. C'est la clause de sécurité des démocraties autant que celle des dictatures: les électeurs en démocratie en ont assez de voir le nom du même dirigeant, tout comme les individus sous les dictatures peuvent cristalliser les résistances dans les représentations permenantes du pouvoir, nécessité de la propagande.

Mais lorsque le pouvoir ne présente plus de visage, doit-on s'inquiéter?

le_nouveau_politburo_du_PCC












La bureaucratie excessive, la multiplication des cloisons, la dilution des responsabilités liées directement au terrain (qui n'incluent donc pas les instruments du pouvoir), la distension du lien entre le citoyen et l'Etat servent tous à asseoir un pouvoir déshumanisé, ultimement manipulé par des individus eux-mêmes corrompus par lui.

Mais surtout l'absence de visage du pouvoir laisse présager des dysfonctionnement sérieux des mécanismes sociaux: la future première dictature permanente?

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11/05/09

Rapidement

Pooling, offloading, tranching. Le tranching consiste à diviser les crédits poolés en tranche notées: equity, mezzanine, senior. Les conduits cherchent à maximiser le profit à court terme: leur actif est composé des crédits, leur passifs des titres tranchés notés: il s'agit donc d'avoir le plus de senior (moins risqués, rendement bas) et le moins d'equity possible, afin de limiter les paiements. Or, l'equity est censé absorber le risque en cas de secousse. Le système a fonctionné tant que le marché immobilier ne se retournait pas. Il s'est retourné, on a taillé dans les tranches (equitiy pour commencer, puis les seniors). Fat tail: distribution des risques avec asymétrie vers les pertes. Perte rares, mais lourdes. Comme les actifs des conduits sont des crédits structurés à LT, et les passifs (avec rendements à verser) des opérations CT, les problèmes de liquidités sont vite arrivés (emprunteurs primaires avec des maisons qui coutent moins chers, paiment leurs crédits trop haut face au collatéral: donc défaut. Assèchement des liquidités).

Péchés originels: sous-évaluation systématique des risques (aléa moral), prévision de marché optimiste (trop), recherche de profit court terme. Ces notions ne sont pas au même niveau catégoriel: les deux premières cachent quelque chose, pas la troisième.

Soit on se dit que le système a été con, soit on se dit que le 'système' en tant que tel n'existe pas, mais est constitué d'individus, pas du tout homogènes entre eux. Et si on considère l'aventure des subprimes comme un hold-up, ou plutôt une martingale qui a duré le temps d'en enrichir quelques-uns, il faut rechercher ces quelques-uns: qui ont mis en place un schéma  sciemment condamné dès le départ, mais laissé aux bons soins d'autres une fois que le ratio billes personnelles retirées/risque à rester dedans plus longtemps serait devenu insoutenable, l'intérêt d'un tel montage résidant dans le profit retiré en cours de route et la faculté de repérer le meilleur moment pour sauter le bord (donc, dès le départ, une contradiction interne fatale). On pourrait rechercher les statistiques de l'emploi et des départs dans le secteur financier concerné 6 à 18 mois avant la chute de Bear Stearns, et vérifier. Le tout ferait peut-être alors sens.

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01/05/09

Ah tiens?...

... il ne manquait plus que ça: les cons s'y mettent aussi.

Tsss...

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29/04/09

Specter and friends

Les réactions républicaines à la défection d'Arlen Specter.

N'y aura-t-il pas un moment où l'air deviendra irrespirable? 'Good riddance'? Dans quel genre de culture politique lance-t-on 'Bon débarras!' à un allié qui quitte son camp? Tout a été fait pour que Specter arrête les frais, et maintenant qu'il saute le pas, on lui crache au visage. Mesquin.

Parlez-en à Eric Besson, d'ailleurs.

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21/04/09

Qu'importe le vin, etc etc...

Au moins, lorsque l'Histoire progressait grâce au moteur de la lutte des classes, y avait-il logiquement moyen d'échapper à son condition paysanne ou ouvrière... Maintenant que les lignes de restructurent autour des origines ethniques et confessionnelles, plus moyen d'échapper au déterminisme social...

Elie Wiesel: 'L'homme n'a rien appris'.

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03/04/09

Testaky

koDepuis son accession à la tête de l'état russe, peu ont douté que Dmitri Medvedev ne soit autre chose qu'un homme de paille pour Vladimir Poutine, chargé essentiellement de lui tenir le fauteuil présidentiel au chaud. La Constitution russe interdit en effet plus de deux mandats consécutifs pour le chef de l'état, un flou qui semblerait autoriser une nouvelle candidature à Vladimir Poutine une fois le mandat de Medvedev échu.

Contre ce barrage de suppositions, Dmitri Medvedev a lentement manoeuvré pour affirmer une certaine indépendance vis-à-vis de son ancien mentor. Il a explicitement fustigé l'état de la corruption bureaucratique en Russie, blâmé (en partie )les causes de la crise sur les politiques économiques passées, critiqué le 'nihilisme juridique' en vigueur dans les tribunaux (le procès d'Anna Politkovskaia en est un exemple, ainsi que le premier procès Khodorkovsky)et de manière générale, adopté en tant que tête de l'exécutif un ton plus modéré que son successeur en matière d'affaires étrangères, mais surtout, de politique intérieure. La nature du pouvoir au Kremlin semble moins évidente actuellement qu'elle ne l'était au début du mandat de Medvedev.

On pourra toujours objecter que le président russe se paie de mots, mais c'est ici qu'intervient le fait qui nous intéresse: le second procès Khodorkovsky s'est ouvert ces jours à Moscou. Le premier procès avait, en 2003, été quasi-unanimement dénoncé comme l'exécution politique de Mikhail Khodorkovsky (alors patron de Yukos, numéro un pétrolier russe, depuis récupéré par l'état et démantelé), pour avoir enfreint une règle implicite de cohabitation entre les oligarques et le Kremlin en finançant un parti politique d'opposition: "à vous le business, à nous la politique (et le pouvoir)". Sur une accusation de fraude fiscale, suivie de blanchiment d'argent, pour finir avec de l'association de malfaiteurs, Khodorkovsky a finit en Sibérie.

Maintenant, si le procès a été aussi partisan, instrumentalisé et biaisé que dénoncé, et que parrallèlement, Dmitri Medvedev a réellement réussi à commencer à imposer son influence sur la politique intérieure russe, on devrait pouvoir considérer ce second procès comme un test intéressant pour sa présidence, et le futur de la Russie. En quelque sorte, un acid-test de ce qui a réellement changé (ou est en train de changer) en Russie.

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31/03/09

Je ne vois que le ciel qui bleuoit...

edward_hopper04















La crise: pour beaucoup, notre 'première' crise. Je me souviens de la crise asiatique/russe de 98, mais à l'époque, à part les gros titres et ce que tout le monde savait, je ne percevais pas plus que ça les mécanismes et les implications de ce qui était considéré comme un gros risque pour l'équilibre économique mondial...

Actuellement, je n'en sais pas beaucoup plus, relativement à la masse de facteurs qui entrent dans l'explication de la crise financière que traverse le monde. Relativement à moi-même, ceci dit, j'ai l'impression d'avoir parcouru une certaine distance... Cette crise est l'occasion de réfléchir sur certains moteurs fondamentaux de notre société, via une analyse  macroéconomique: le recours à l'endettement pour financer des croissances mal réparties et non naturelles, le partage des rôles financiers dans le cadre de la globalisation (ils épargnent, nous consommons), la mentalité individualiste poussée à son extrême, dans le cas des hypothèques moisies (c'est à dire la déresponsabilisation des individus), la démission du discours politique,  ou encore le désintérêt croissant de la société civile pour les question politiques.

On pourra prendre les choses dans l'ordre: d'abord, comment en est-on arrivé là, financièrement? Depuis la crise de 1929, plusieurs éléments dans l'histoire de la régulation financière américaine ont conduit à une situation où les freins naturels à l'expansion d'une activité économique ont été levés, pour des raisons idéologiques très souvent, mais également pour des raisons de calcul politique, notamment pour les décisions prises dans le feu de l'action, au lendemain d'évènements économiques retentissants, et sous la pression d'opinions publiques échaudées. En fin de compte, on a assisté à un rapport de force qui s'est soldé par la victoire de la finance, et de son image influente, sur les considération d'économie réelle, dans la course à l'oreille du législateur. A partir de là, la finance a développé son propre agenda.

Puis, comment le capitalisme a-t-il évolué pour en arriver à cette version prédatrice et aliénée par le profit? Le profit a de tout temps éte l'objectif du business, mais il a un rôle: le réinvestissement ou l'épargne, dans des limites naturelles. Lorsque le business a vu sa structure interne évoluer de la forme entrepreneuriale à la forme managériale, le bébé a été jeté avec l'eau du bain. Nommément: un élément crucial de responsabilité a été mis de côté. Le rôle de la finance en économie est clairement définissable par la théorie: la gestion du risque. Malheureusement, en parrallèle avec l'évolution des mentalités, la notion de risque est devenue un élément indésirable de l'activité économique, un empêcheur de tourner en rond qu'il faut limiter, et si possible virtuellement supprimer, alors qu'il devrait jouer, lui aussi un rôle régulateur fondamental. En fait, la dernière forme connue de pratique économique donnait la part belle au penchant psychologique de l'homme à l'accumulation de richesse en tant que telle, sans facteur de responsabilisation ou de modération autonome.

Ensuite, qu'enseigne-t-on dans les écoles de business, dans les départements de gestion, qui a fait que les responsables économiques publics et privés aient laissé se produire une crise de confiance aussi profonde que celle-ci? Cela ne fait malheureusement pas longtemps que le terme 'éthique' a repris un sens respectable dans le débat public et politique, et qu'on écoute simplement ceux qui le profèrent. Et à l'université?  Les initiatives pour rapprocher les enseignements en économie et en éthique se multiplient, et il tient surtout aux responsables de ces projets que cette tendance ne se limite pas à une effet de mode.

Ceci dit, on peut retrouver dans l'évolution des sciences économiques une explication à l'état actuel de l'éducation des professionnels de l'économie, au sens large: la mathématisation de l'économie, la poursuite de la respectabilité scientifique (et donc d'influence via l'expertise technique, dans une société technologique comme la nôtre) par une discipline qui se trouve, plus que toute autre, au carrefour de la recherche académique, de l'apprentissage de la gestion matérielle, de la construction des arguments dans le champ des débats de société et de la formulation des politiques publiques. Une éducation qui fait la part belle aux modèles explicatifs scientifiques prédictifs oublie toute la construction personnelle qui procède des branches littéraires, et réduit les langues (et l'apprentissage de leurs cultures d'origine) à de simples lignes de CVs. Elle fait des étudiants des opérateurs, proprement dit. Rien de plus. C'est pourquoi l'éthique, à tout le moins, avec son modèle d'enseignement discursif, doit servir de contrepoids, pour commencer, dans l'enseignement actuel de la gestion, de l'économie et du business en général.

L'économie est une science sociale. Sans doute, de par sa méthodologie, la plus rigoureuse des sciences sociales, mais une science sociale néanmoins: son objet parle, il produit et échange des marchandises, il paie, emploie, collabore, vole et corrompt. Impossible de ne pas considérer l'aspect éthique de la recherche: c'est à dire la recherche concernant la justification ultime des actions des individus. Et pour ce faire, le modèle fondamental de l'économie, homo oeconomicus, ne suffit pas, n'a jamais suffit. L'information est imparfaite, et de ce fait induit les comportements stratégiques. Les externalités ont été expédiées sous cette forme par la science économique, parce que précisément, en témoignant de la complexité  organique et systémique de la réalité des échanges, elles posaient un problème aux modèles mécanistes économiques actuels.

A côté de ça, il y a une question ouverte concernant la responsabilité des individus: comment peut-on accepter de prendre une hypothèque lorsque son profil de crédit est mauvais? Comment peut-on envisager d'octroyer un crédit hypothécaire à un mauvais profil, sur la base d'un nouveau produit financier dont on ne comprend rien? Une explication est qu'on s'imagine ne pas devoir en supporter les conséquences... Seulement, attribuée à la société dans son ensemble, cette mentalité bute sur un problème logique: qui en dernier recours va payer les pots cassés? L'Etat? Mais l'Etat, c'est nous!

Du vin et des draps sur la planche (à billets) en perspective :-)



PS: je sais pas ce que j'ai avec Hopper, ces temps...

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25/03/09

Quand Flibuste reprend du service :)

hopper10















Je vais reprendre le blog, mais dans un esprit différent. Jusqu'ici, ou plutôt jusqu'à ce que je suspende l'activité, c'était un vrai blog, au sens où la motivation d'y écrire venait surtout de l'envie de s'étaler un peu sur la Toile (pour ce que ça vaut, d'ailleurs...). Depuis, cette envie m'est passée: la gueule de bois au lendemain des présidentielles française m'a tenu éloigné des blogs pendant un moment.

Je me suis donc dit que j'allais réorienter cet outil, et en faire un accessoire de ma recherche universitaire et professionnelle.

Je prépare un sujet de master d'économie politique en réglementation des marchés financiers, et je travaille dans un institut universitaire de recherche, pour un projet d'outil d'analyse des risques éthiques dans l'activité économique. Autant - me suis-je donc dit - utiliser le blog pour publier certaines réflexions sur ces recherches, et participer plus profondément au débat sur internet.

On va éviter d'en faire un blog de geek, tout de même, hein. Il y aura encore des messages orientés sur du plus perso, mais aussi, j'espère, du plus construit.

Posté par David_David à 13:35 - Actualités - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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